Maladie, guérison, qualité de vie.
Le cancer, le crabe, vous saisit dans ses pinces d’une étreinte mortelle. Lorsque la médecine lui fait lâcher prise, chaque jour davantage, les marques de ses pinces restent dans les âmes autant que dans les corps. Cet étau qui enserre encore l’âme, bien après la défaite du crabe, est sa victoire posthume. Vaincu dans les cellules, il cancérise encore l’esprit, sécrétant le doute, le renoncement, l’abandon, suscitant chez les autres ce regard terrible de pitié mêlée d’effroi qui enferme l’individu dans un statut de rescapé.
A Marseille, Antoine, Julio ou Nourredine après leur victoire sur le cancer, deviennent « Le Pôvre », adjectif attribué aux morts et à ceux qui l’ont par trop près côtoyée, marquant leur statut social de morts-vivants.
Alors, à quoi sert de guérir ?
Après les cellules, il faut guérir l’esprit de la tenaille du cancer.
Encore d’autres soins ? Encore de nouveaux médecins ? Encore l’hôpital ? Encore des feuilles de maladie, des absences de l’école pour convaincre les enfants qu’ils sont guéris ? Pour convaincre les familles, les amis, l’école que l’enfant est tellement guéri qu’il doit être encore soigné ?
Le sommet, métaphore opérante
A ce paradoxe du médical qui se mord la queue, A Chacun Son Everest ! propose depuis plus de 15 ans une alternative limpide, limpide comme l’air des sommets, « Fais-le ! Fais ton sommet. »
Cet exorde, Christine Janin se l’est lancé à elle-même à chacun de ses défis. A chaque sommet, elle s’est davantage révélée à elle-même. De cette expérience, Christine a tiré un concept, la rencontre de soi à travers le défi à soi-même et une métaphore, le sommet. Ce sommet qu’elle présente comme perspective de restauration aux enfants victimes du cancer.
Définissant l’objet de la psychologie, Abraham Maslow écrivit : « Aider l’individu à être ce qu’il peut être. »
L’action d’A Chacun son Everest ! s’inscrit pleinement dans cette perspective de psychologie humaniste.
Plus de 3000 enfants sont partis du camp de base de Chamonix, tenaillés par le doute sur eux-mêmes, sur leur capacité à faire, sur leur capacité à être à nouveau pleinement.
3000 enfants ont fait leur sommet. Au sommet ils ont rencontrés quelqu’un que le cancer avait oblitéré : eux-mêmes.
3000 enfants sont redescendus, s’étant retrouvés, réconciliés avec eux-mêmes.
Une semaine, de l’arrivée au camp de base au retour en famille.
Une semaine pour passer du statut de victime du cancer au statut de vainqueur du sommet.
Une semaine où « Le Pôvre » est devenu « Le Brâve ».
Qui dit mieux chez les « Psys » ?