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La Parole à nos conseillers médicaux

Ils nous expliquent comment l’action d’A Chacun son Everest !
s’inscrit dans une véritable démarche thérapeutique.

Le Professeur André Baruchel

A Chacun son Everest ! est maintenant devenue pour les pédiatres hémato-oncologues un partenaire indispensable dans la prise en charge à long terme des enfants et des adolescent atteints de cancer.

En complément ou en alternative aux prises en charge « psy » classiques, se sont imposées les idées qui fondent A Chacun son Everest ! :

  • Tout d’abord, la richesse du parallèle entre la difficulté de l’ascension et celle du chemin vers la guérison.
  • Ensuite, sa mise en pratique concrète au travers des stages de montagne. Au-delà du corps retrouvé, l’échange avec les autres enfants, de cette expérience intransmissible à tout autre interlocuteur, est une des grandes forces de cette démarche.
Le dire devient ici thérapeutique, tout comme la mise en parenthèses de la relation devenue parfois fusionnelle avec les parents. Le renversement de la position des soignants (les enfants « assurent » ceux-ci lors de l’escalade) est une autre rupture positive.

Au travers des innombrables lettres et témoignages reçus depuis 1994 ans, on peut conclure qu’A Chacun son Everest ! met indiscutablement en jeu les ressorts personnels des enfants et adolescents, en matérialisant l’idée de
« guérison ».

Les effets sont également bénéfiques sur les personnels soignants, ceux qui accompagnent mais aussi ceux qui restent, grâce aux films, photos, posters qui illuminent nos services. On passe de l’enfant qui souffre à l’enfant
« conquérant ».
Cette image est également positive pour les nouveaux patients et leurs familles.

 

André Baruchel
Pr. André Baruchel
Chef du Service
d’Onco-Hématologie Pédiatrique
des Hôpitaux St Louis et
R. Debré à Paris.

Conseiller Médical de l’Association.

Le Professeur Danièle Sommelet

Malgré les progrès très importants observés dans le taux de guérison (75%) le diagnostic et le traitement d’un cancer demeurent pour un enfant, un adolescent et leurs familles, une expérience dramatique.

Les Centres de Référence qui en assurent la prise en charge se doivent d’assurer des soins de qualité, un accompagnement sans faille et un environnement permettant le maintien de « la vie » pendant et après les séjours à l’hôpital.

Ces objectifs de la Société Française de Lutte contre les Cancers et Leucémies de l’Enfant et de l’Adolescent sont bien reconnus dans le Plan Cancer initié par le Président de la République, et précisés dans une Circulaire récente sur l’Organisation de la Cancérologie Pédiatrique.

Trois points méritent d’être soulignés :

  • l’importance de poursuivre le développement de la recherche pour améliorer l’efficacité des traitements et réduire les complications et effets tardifs possibles ;
  • la qualité de l’information et de l’écoute de l’enfant et de ses parents : ceux-ci doivent être considérés comme de véritables partenaires des soignants dans un climat de confiance et de compréhension réciproque tenant compte du retentissement psychologique de la maladie.
  • la valeur de l’environnement créé pour vaincre l’isolement ; assurer à l’enfant de nouveaux repères et donner un sens à sa vie.

A travers l’Association A Chacun son Everest ! Christine JANIN permet à ces enfants, pendant ou à l’issue de leur maladie, non seulement de partager leur expérience commune, mais surtout de la dépasser et de se projeter « au-delà de ces sommets » dans un avenir nouveau.

Michel Sokolowsky
Pr. Danièle Sommelet
Présidente de la Société Française des Cancers de l’Enfant et Administrateur de l’Association

Le Docteur Michel Sokolowsky

Maladie, guérison, qualité de vie.

Le cancer, le crabe, vous saisit dans ses pinces d’une étreinte mortelle. Lorsque la médecine lui fait lâcher prise, chaque jour davantage, les marques de ses pinces restent dans les âmes autant que dans les corps. Cet étau qui enserre encore l’âme, bien après la défaite du crabe, est sa victoire posthume. Vaincu dans les cellules, il cancérise encore l’esprit, sécrétant le doute, le renoncement, l’abandon, suscitant chez les autres ce regard terrible de pitié mêlée d’effroi qui enferme l’individu dans un statut de rescapé.

A Marseille, Antoine, Julio ou Nourredine après leur victoire sur le cancer, deviennent « Le Pôvre », adjectif attribué aux morts et à ceux qui l’ont par trop près côtoyée, marquant leur statut social de morts-vivants.

Alors, à quoi sert de guérir ?
Après les cellules, il faut guérir l’esprit de la tenaille du cancer. Encore d’autres soins ? Encore de nouveaux médecins ? Encore l’hôpital ? Encore des feuilles de maladie, des absences de l’école pour convaincre les enfants qu’ils sont guéris ? Pour convaincre les familles, les amis, l’école que l’enfant est tellement guéri qu’il doit être encore soigné ?

Le sommet, métaphore opérante

A ce paradoxe du médical qui se mord la queue, A Chacun Son Everest ! propose depuis plus de 15 ans une alternative limpide, limpide comme l’air des sommets, « Fais-le ! Fais ton sommet. »
Cet exorde, Christine Janin se l’est lancé à elle-même à chacun de ses défis. A chaque sommet, elle s’est davantage révélée à elle-même. De cette expérience, Christine a tiré un concept, la rencontre de soi à travers le défi à soi-même et une métaphore, le sommet. Ce sommet qu’elle présente comme perspective de restauration aux enfants victimes du cancer.
Définissant l’objet de la psychologie, Abraham Maslow écrivit : « Aider l’individu à être ce qu’il peut être. » L’action d’A Chacun son Everest ! s’inscrit pleinement dans cette perspective de psychologie humaniste.

Plus de 3000 enfants sont partis du camp de base de Chamonix, tenaillés par le doute sur eux-mêmes, sur leur capacité à faire, sur leur capacité à être à nouveau pleinement.

3000 enfants ont fait leur sommet. Au sommet ils ont rencontrés quelqu’un que le cancer avait oblitéré : eux-mêmes.

3000 enfants sont redescendus, s’étant retrouvés, réconciliés avec eux-mêmes.
Une semaine, de l’arrivée au camp de base au retour en famille.
Une semaine pour passer du statut de victime du cancer au statut de vainqueur du sommet.
Une semaine où « Le Pôvre » est devenu « Le Brâve ».

Qui dit mieux chez les « Psys » ?

Michel Sokolowsky
Dr Michel Sokolowsky,
Pédopsychiatre
Hôpital de Marseille